Une semaine au Cambodge

Nos premiers jours au Cambodge ont été assez difficiles côté autostop et lieux où dormir, mais nous avons finalement découvert de beaux paysages et des personnes chaleureuses. La situation économique est très mauvaise depuis cinq ans, et nous pouvons l’observer directement par la faible circulation. Sur une des principales routes du pays il n’est par exemple pas rare d’attendre 5′ entre deux voitures.

img_7030A Siem Reap, la ville à proximité d’Angkor Wat, des hôtels luxueux s’alignent tout le long de la route, ce qui contraste énormément avec les villages précédents. Les conducteurs de tuktuk gèrent les lieux, et tous ont des chambres d’hôtes à proposer.
Nous avons marché tout autour des pagodes d’Angkor Wat en une journée, faisant 37km, pour vous donner une idée des dimensions. Les lacs ont été creusé à main d’homme et le plus grand d’entre eux doit avoisiner les 100km2, tout ayant été construit entre le 11e et le 16e siècle.
Même si nous essayons d’éviter les zones touristiques celle-ci était trop importante dans l’histoire du pays pour la manquer.

img_7037Ensuite nous avons dormi deux nuits à Battambang. La première dans une école auto financée en vendant des fruits et légumes, des vêtements, ou en hébergeant des touristes. Une des jeunes femmes y travaillant cumulait des jobs 7/7 pour payer les études de ses frères et sœurs, tandis qu’une autre nous a expliqué à quel point il lui était difficile de se marier avec son fiancé, faute d’argent et de problèmes religieux.
Nous avons passé le second jour avec Vuthy Prum, un professeur d’anglais et conducteur de tuktuk les week-ends. Son beau-père parlait français, et nous avons passé de bons moments avec sa famille et son fils, qui a adoré nos sacs et leur contenu.

img_7383Ensuite nous avons bougé vers un village flottant, où le stéréotype de la route boueuse et des maisons en taule était encore plus présent que les jours précédents. Cependant on se doit de préciser que les cambodgiens vivent assez bien dans ces conditions, et ce que l’on interprète en Europe comme un manque de confort est souvent une différence culturelle ou simplement climatique. Matelas, fenêtres, clôtures ont rarement une utilité, hamacs et cuisine à l’extérieur étant bien plus pratiques ici.

Le jour suivant, après 100km sur une piste poussiéreuse, nous nous sommes arrêtés au milieu des montagnes de Cardamome, réputées pour la culture du poivre. Avant de nous enfoncer dans une jungle peu rassurante pour camper nous avons été accostés par une femme qui nous a accueillis chez elle. De sa petite maison sur pilotis elle a sorti tout un équipement, tapis, oreiller, shampoing, et même du whisky pour lutter contre la nuit à 18C… Ils n’avaient pas d’électricité mais des téléphones bien sûr et même une tablette sur laquelle la femme nous montre ses filles à Paris et aux USA.

img_7351Le matin nous attendons une heure et demi pour trois voitures, la dernière nous conduisant à travers la jungle jusqu’à Oh Saom. La région est belle mais hostile, avec des lacs abritant certainement des crocodiles, ou des tigres qui paraît-il attaquent régulièrement des poulets jusqu’aux buffalos des fermiers. Pas sûr que les cinq chiens par famille suffisent pour les protéger.
Nous avons aussi pu observer d’énormes troncs brûlés au beau milieu des plantations. La culture sur brûlis est bien pratiquée ici, que ce soit en brûlant les pailles de riz dans le nord ou la forêt primaire ici dans le sud, des pratiques que nous avions déjà pu voir en Indonésie. Et on ne peut le condamner aussi fermement qu’on le fait d’habitude en Europe, en regardant combien la population a besoin de ressources et d’investissements. Nous avons vu Chinois, japonais et européens financer des infrastructures, mais nous nous demandons ce qu’ils ont obtenu en échange. Nous avons croisé par exemple des dizaines de camions militaires chinois, probablement en exercice.

En tout cas la poussière rouge finit par couvrir nos sacs et nos corps, et à l’arrière des pickups ou à cheval sur un chargement de banane, nous atteignons Krong Koh Kong où nous dormons encore dans une pagode.

Nous sommes maintenant à Sihanoukville, où rien de spécial ne se passe et où les européens sont nombreux. Nous espérons atteindre Chbar Mon dans l’après-midi.

Nous vous souhaitons une bonne semaine !

Published by Le voyage en Asie

2 Comments

  1. Michel TAPONOT Michel TAPONOT

    Bonjour Emile et bonjour Nicolas, enfin des nouvelles !!! je vois que tu as zappé la Thaïlande, sans doute trop touristique à ton gout .
    Le Cambodge doit être un pays merveilleux, et , il est sur la liste de ceux que j’espère parcourir, vous avez de la chance , profitez-en .
    Bonne continuation
    Michel T

    • emilemuller emilemuller

      Bonjour Michel ! Merci pour tes commentaires. L’article sur la partie Thaïlande est bien posté, titré Noir et Blanc. Oui le Cambodge est intéressant, et il y a de quoi faire côté forêts. Les guerres civiles, sa faible population, sa géographie… C’est un pays particulier, on pourra en reparler si tu te décides à y aller !

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